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Histoire de la Philosophie

De l’antique sagesse de l’Italie de Vico, chapitre I

Buste de Giambattista Vico, par Francesco Jerace, photographié par Marie-Lan Nguyen

Cette synthèse traite du chapitre premier de L’antique sagesse de l’Italie de Giambattista Vico.

Nous l’examinons sous l’angle de la question : Que pouvons-nous connaître ?

Le critère pour « reconnaître » le vrai, « c’est de l’avoir fait »

  • Selon Giambattista Vico, la seule vérité que l’on puisse connaître concerne ce que nous avons fait nous-mêmes.
  • Ainsi, l’arithmétique, construite à partir du concept d’unité, et la géométrie, construite à partir du concept de point, sont parmi nos seules certitudes.
  • Les physiciens, eux, ne connaissent pas la nature dans son ensemble, puisqu’ils ne l’ont pas faite. En revanche, ils peuvent en avoir une forme de connaissance partielle, à travers leurs modèles. Et la validité de ceux-ci se manifeste à l’épreuve du fait : c’est la capacité à imiter la nature par des expériences qui rend crédibles les théories physiques.
  • Enfin, le critère de Vico implique que l’homme ne connaît pas son propre esprit, puisqu’il ne l’a pas fait. Il s’oppose donc radicalement à la connaissance cartésienne fondée sur le « je pense, donc je suis ».

Critique du « je pense, donc je suis » de Descartes

  • Dans le Discours de la méthode, René Descartes propose de récuser en doute l’ensemble de ses croyances, et aboutit à une certitude : je doute, donc je pense, donc je suis. Voir la synthèse concernant les parties III et IV de ce Discours.
  • Cependant, il ne s’agit pas véritablement, selon Vico, d’une connaissance, mais simplement d’une conscience : « conscience et non pas science ». En effet, ce prétendu savoir relève de l’instantanéité, et ne nous donne pas d’information concernant ce que nous sommes, contrairement à ce qu’affirme Descartes. En particulier, cela ne nous permet pas de connaître les causes qui font que nous sommes, ou que nous pensons.

Une réponse au scepticisme ?

  • Les dogmatiques, parmi lesquels Vico range Descartes, prétendent donc arriver à une connaissance certaine. Au contraire, les sceptiques choisissent de suspendre leur assentiment et de professer leur ignorance. « Ils avouent les effets, et par conséquent ils accordent que ces effets ont leurs causes ; mais ils nient de savoir les causes » (p. 228).
  • Pour leur répondre, Vico s’appuie sur son critère de connaissabilité pour affirmer que nous connaissons bien certaines causes : celles des choses que nous avons faites. Nous pouvons donc connaître ces choses.

Envie d’aller plus loin ?

Cette synthèse concernant le premier chapitre de L’antique sagesse de l’Italie de Giambattista Vico propose une première approche du texte.

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Édition de référence

  • Œuvres choisies de Vico, traduction par Jules Michelet, dans Œuvres complètes de J. Michelet, Paris, Flammarion, ~1894, p. 220 à 229. Le texte est librement disponible sur Wikisource.
  • Voir aussi Vico, De l’antique sagesse de l’Italie [1710], traduction par Jules Michelet, présentation par Bruno Pinchard, Paris, Flammarion, collection GF, 1993.

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