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Histoire de la Philosophie

Rousseau, Du Contrat Social, livre II, chapitres I à VII

Cette synthèse porte sur les chapitres I à VII du livre II du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau.

Nous examinons ce passage sous l’angle de la question : Comment la volonté générale s’exprime-t-elle ?

La volonté générale exprime l’intérêt commun à l’ensemble du peuple souverain

  • Le pacte social est fondé sur la nécessité qu’ont ressenti des humains, à un moment de leur histoire, de s’associer pour faire face à certains obstacles (voir le livre I). C’est ce pacte qui fonde toutes les décisions prises en commun, toujours basées sur l’intérêt commun, c’est-à-dire ce qui, parmi les différents intérêts de chacun·e, est commun à toutes et tous.
  • La volonté générale est l’expression de cet intérêt commun. Elle ne peut pas être déléguée, ce qui exclut toute idée de représentation : « la souveraineté n’étant que l’exercice de la volonté générale ne peut jamais s’aliéner, & […] le souverain, qui n’est qu’un être collectif, ne peut être représenté que par lui-même ; le pouvoir peut bien se transmettre, mais non pas la volonté. […] Le Souverain peut bien dire, je veux actuellement ce que veut un tel homme ou du moins ce qu’il dit vouloir ; mais il ne peut pas dire ; ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore […]. Si donc le peuple promet simplement d’obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple ; à l’instant qu’il y a un maître il n’y a plus de Souverain, & dès lors le corps politique est détruit. » (livre II, chapitre I)
  • Il faut pourtant bien parfois des chefs. Dans ce cas, leurs ordres « passent pour des volontés générales, tant que le Souverain libre de s’y opposer ne le fait pas. » Mais le peuple doit pouvoir s’opposer à ces ordres à tout moment, puisqu’il demeure le Souverain, quelque soit le mandat qu’il ait pu confier.
  • Rousseau souligne que la volonté générale ainsi définie est toujours légitime. Mais elle peut se tromper : « On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours : Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, & c’est alors seulement qu’il parait vouloir ce qui est mal. » (chapitre III)

Les pouvoirs du Souverain

  • Le Souverain (c’est-à-dire l’ensemble du peuple, voir livre I) peut faire tout ce qui est conforme au pacte social. Chacun·e n’a aliéné par le pacte social que ce « dont l’usage importe à la communauté, mais il faut convenir aussi que le Souverain seul est juge de cette importance. Tous les services qu’un citoyen peut rendre à l’État, il les lui doit sitôt que le Souverain les demande ; mais le Souverain de son côté ne peut charger les sujets d’aucune chaîne inutile à la communauté ; il ne peut pas même le vouloir » (chapitre IV)
  • Ce qui empêche le Souverain de « vouloir » abuser de son pouvoir, c’est que ce qu’il décide doit toujours s’appliquer à tous les sujets de la même manière. Et il est invraisemblable que l’ensemble de la communauté décide de se contraindre inutilement.
  • Le Souverain peut cependant, par exemple, décider de risquer la vie de ses membres, notamment en vue de se protéger, de la même manière qu’un individu pourrait risquer sa vie en combattant pour se défendre. En conséquence, le Souverain peut imposer à ses membres de se battre, dans le contexte d’une guerre. Il peut également infliger la peine de mort, même si « la fréquence des supplices est toujours un signe de faiblesse ou de paresse dans le Gouvernement. Il n’y a point de méchant qu’on ne pût rendre bon à quelque chose. On n’a droit de faire mourir, même pour l’exemple, que celui qu’on ne peut conserver sans danger. » (chapitre V)

Comment se rédigent les lois (chapitres VII)

  • Le peuple ne sait pas toujours ce qui est bon pour lui. Il a donc besoin de guides. C’est le rôle du législateur, qui propose des lois. Mais le peuple conserve toujours son droit de les approuver ou non.
  • Le législateur est alors confronté à la difficulté de faire accepter des lois par le peuple, alors qu’il n’a aucune autorité sur lui, et que le peuple n’est pas toujours en capacité de comprendre et d’accepter les raisons qui en font de bonnes lois, notamment lorsque les conséquences positives attendues sont à long terme. C’est pourquoi les législateurs ont souvent fait passer leurs lois pour des lois divines. Cette méthode n’a cependant d’effet durable que si les lois ainsi instituées sont bonnes, selon Rousseau.

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Cette synthèse concernant les chapitres I à VII du livre II du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau propose une première approche du texte.

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Édition de référence

  • Rousseau, Du contrat social, éd. Rey, Amsterdam, 1762. Texte disponible sur Wikisource.

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