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Histoire de la Philosophie

Pensées pour moi-même de Marc Aurèle – Compte-rendu de l’atelier

Statue équestre de Marc Aurèle,
original déposé au Musée du Capitole à Rome

Cet atelier sur les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle s’est tenu le 22 septembre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, II, 1, 14, III, 2, 11, IV, 3, 49, V, 8, VI, 13, 49, VII, 48, VIII, 7, 48, IX, 9, X, 35, XI, 1, 2, traduction de G. Michaut, éditée par E. de Boccard (1923), repris par Gérard Chomienne dans le recueil Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004. Voir aussi Marc Aurèle, Pensées pour moi-même suivies du Manuel d’Épictète, traduction Mario Meunier, Paris, Flammarion, collection GF, 1964-1992.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Comment construire sa « citadelle intérieure » ?

Le cosmos, un monde ordonné

  • Pour les stoïciens, le monde est ordonné, déterminé. C’est ce que désigne l’appellation cosmos.
  • Cette conception les oppose aux épicuriens, qui laissent une place au hasard dans le mouvement des atomes, d’où l’alternative « Ou une Providence ou des atomes » (IV, 3).
  • Il existe donc une harmonie entre les corps, et entre les causes. En conséquence, nous recevons, chacun, ce qui est nécessaire à la bonne marche du monde. De même que le médecin « ordonne » parfois des remèdes déplaisants, la nature « ordonne » des évènements désagréables. S’en plaindre dégrade l’harmonie du monde, c’est pourquoi nous devons aimer ce qui nous arrive (V, 8).
  • La conscience de ce Tout ordonné est source d’apaisement (IV, 3). Voir aussi XI, 1.

Le rapport aux autres : bienveillance et justice

  • Il faut nous montrer bienveillants et justes vis-à-vis des autres humains, moins conscients que nous de l’ordre du monde (III, 11) : leurs fautes sont involontaires (IV, 3).
  • De plus, nous devons collaborer pour le bien du Tout (II, 1), comme en témoignent nos inclinations naturelles à aller les uns vers les autres (IX, 9).
  • Il faut en revanche nous désintéresser de notre réputation, des honneurs humains que nous pourrions recevoir (IV, 3) : la vie humaine est courte, nos préoccupations éphémères, mieux vaut rendre grâce au Tout (VII, 48).

Le rapport à soi : construction d’une « citadelle intérieure » pour le « principe directeur »

  • Notre « principe directeur » (traduction de Mario Meunier) est « ce qui commande en nous » (traduction de G. Michaut) ; c’est une partie de l’âme.
  • Dès lors que nous nous concentrons sur ce qui est en notre pouvoir, dans le pouvoir de notre principe directeur, nous sommes « invincibles » (VIII, 48). Il nous faut pour cela nous affranchir des passions, que nous subissons de l’extérieur, « être semblable au promontoire contre lequel incessamment se brisent les flots », et nous réjouir de ce qui est en notre pouvoir, notamment de subir « sans chagrin » (IV, 49). Nous ne devons pas réclamer que tel ou tel évènement se produise ou ne se produise pas, attitude qui est le propre d’une âme malade (X, 35). Voir aussi VIII, 7.
  • La sérénité s’obtient également en nous affranchissant des illusions, des opinions fausses. Pour ce faire il faut nous représenter chaque objet « en sa substance », « nu » ; identifier sa place dans le cosmos, sa durée de vie prévisible, et la vertu qu’il nous donne l’occasion d’exercer (III, 11). Il faut particulièrement nous prémunir contre l’orgueil qui nous fait attacher une valeur excessive aux choses (VI, 13) et donc travailler à mépriser ce que l’on tend à admirer (XI, 2).
  • Le passé n’est plus, le futur n’est pas encore : nous ne possédons que le présent. Peu importe donc la durée de la vie, et si elle est raccourcie, puisque nous ne pouvons perdre ce que nous ne possédons pas (II, 14 ; voir aussi VI, 49).
  • Libérés de ces préoccupations illusoires, nous pouvons nous constituer un abri intérieur, une « citadelle » imprenable, où nous pourrons nous réfugier dès que nous le souhaiterons (IV, 3).

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Le prochain atelier, prévu pour mardi 6 octobre à 21h, sera l’occasion d’une introduction aux néoplatonisme avec le traité Sur le beau de Plotin. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

Et pour être informé/e des futurs événements, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ou me suivre sur Mastodon.

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