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Histoire de la Philosophie

Montesquieu, De l’esprit des lois, livre XI, chapitres I à VI

Portrait de Montesquieu

Cette synthèse traite des chapitres I à IV du livre XI de l’Esprit des lois de Montesquieu.

Nous examinons à l’occasion de ce passage l’importance de la séparation des pouvoirs pour la liberté politique.

Qu’est-ce que la liberté politique ?

  • Montesquieu constate que la liberté politique se définit en fonction du contexte, selon les entraves perçues avec le plus d’acuité. Cela dit, d’une manière générale, ses contemporains la placent généralement, selon lui, plutôt dans la république que dans la monarchie, en raison du fait que le pouvoir y est moins visible, moins identifié. De même, ils considèrent que la démocratie est particulièrement favorable à la liberté politique ; cette approximation est, selon l’auteur, liée au fait que l’ « on a confondu le pouvoir du peuple avec la liberté du peuple » (chapitre II).
  • Pour Montesquieu, « la liberté [politique] est le droit de faire ce que les lois permettent » : « la liberté ne peut consister qu’à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir et à n’être pas contraint de faire ce que l’on ne doit pas vouloir » (chapitre III).
  • Cela peut apparaître comme une définition restrictive de la liberté politique, parce que les lois pourraient bien être très contraignantes, et qu’il n’est pas précisé à ce stade qui les détermine, et comment. Mais cette définition pose tout de même le principe sous-jacent que le détenteur d’un pouvoir ne doit rien imposer qui ne soit pas par ailleurs conforme à la loi.
  • La raison de cette apparente limitation de la liberté par Montesquieu est liée à la vie en société : « si un citoyen pouvait faire ce que [les lois] défendent, il n’y aurait plus de liberté », parce que les autres aussi pourraient enfreindre la loi, détruisant ainsi toute « sûreté ».

La liberté politique vient de la séparation des pouvoirs

  • Ce n’est pas le régime politique (démocratique ou aristocratique) qui détermine le caractère libre ou non d’un État : « La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés » (chapitre IV), ceux dans lesquels il ne se pratique pas d’abus de pouvoir.
  • « Mais c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est tenté d’en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. […] Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » C’est cette réflexion qui fonde la conviction de Montesquieu en faveur de la séparation des pouvoirs.
  • Il distingue trois sortes de pouvoirs dans chaque État (chapitre VI) :
    • le pouvoir législatif, celui de faire les lois ;
    • le pouvoir exécutif concernant « le droit des gens », c’est-à-dire les relations entre États ;
    • le pouvoir exécutif concernant le droit civil, qui se divise en deux :
      • la « puissance de juger » ;
      • la « puissance exécutrice », celle de faire appliquer les peines.
  • « Pour qu’on ait [la] liberté [politique], il faut que le gouvernement soit tel, qu’un citoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen. » Pour ce faire, il ne faut pas qu’un même individu, ou qu’un même groupe, détienne plus d’un des quatre pouvoirs distingués ci-dessus.

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Cette synthèse concernant les chapitres I à IV du livre XI de l’Esprit des lois de Montesquieu propose une première approche du texte.

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Édition de référence

  • Montesquieu, De l’esprit des lois [1748], Garnier, 1777, livre XI « Des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec la constitution ». Librement disponible sur Wikisource.
  • Voir aussi Montesquieu, De l’esprit des lois, dans Œuvres complètes, tome II, texte présenté et annoté par Roger Caillois, Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque de la Pléiade », 1951.

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