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Les Confessions d’Augustin d’Hippone – Compte-rendu de l’atelier

Saint Augustin, fresque par Sandro Botticelli

Cet atelier à propos des Confessions d’Augustin d’Hippone (Saint Augustin) s’est tenu le 20 octobre 2020, dans le cadre de la série sur la philosophie antique et médiévale.

Édition de référence : Saint Augustin, Les Confessions, précédées de Dialogues philosophiques, édition publiée sous la direction de Lucien Jerphagnon, Paris, Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade, 1998, livre XI, chapitres XIII, XIV, XVII, XVIII et XX. Voir aussi la traduction de Robert Arnaud d’Andilly, 1649, établie par Odette Barenne, édition de Philippe Sellier, Gallimard ; repris par Gérard Chomienne dans Lire les philosophes, Paris, Hachette Éducation, 2004.

Ce compte-rendu est un rappel des principaux points abordés lors de l’atelier. Il ne s’agit donc pas d’un résumé, ni d’un commentaire du texte.

Nous avons examiné ce passage sous l’angle de la question : Que sont le temps, le passé, le futur ?

Le temps, créé avec le monde selon Augustin

  • Selon Augustin, le temps ne préexiste pas à l’univers. Il n’y a donc pas de sens à se demander ce qu’il y avait avant. Du point de vue théologique, cela implique qu’il n’y a pas de sens de se demander ce que Dieu faisait « avant » la Création.
  • Dans quel sens peut-on alors dire que Dieu est éternel, qu’il préexiste au monde ? C’est qu’il est, pour Augustin, hors du temps, l’intégralité du temps étant pour lui un présent éternel, toujours actuel, sans écoulement : ses années « ne s’en vont pas », contrairement aux nôtres (XIII).

Le passé et le futur n’ont pas, au sens propre, d’existence

  • Le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore ; il est en conséquence difficile de dire qu’ils existent. Concernant le présent, il semble exister, mais le présent d’un instant devient immédiatement passé ; il n’ « est » donc pas au sens fort parce qu’il n’est pas permanent (XIV).
  • Il est pourtant problématique de dire que l’avenir n’existe pas, puisque les prophètes peuvent annoncer l’avenir. De même, il est possible de dire d’un récit concernant le passé qu’il est vrai ou faux, ce qui implique que le passé a une certaine consistance. Avenir et passé existent donc d’une certaine façon (XVII).
  • Plus individuellement, quand on évoque le passé, on fait exister une image de lui dans le présent ; quand on prémédite une action future, on s’en forme une image à l’avance. Il est également possible de prédire un évènement futur, comme lorsque, voyant la lueur de l’aurore, on annonce que le soleil va se lever. Mais cela ne fait pas exister le passé et le futur dans le présent, à proprement parler (XVIII).
  • Il existe donc, selon Augustin, un « présent du passé », un « présent du présent », et un « présent du futur », mais ni « futur », ni « passé », qui eux ne peuvent être présents, et ne peuvent donc exister (XX).

Une réflexion sur le langage au sein des Confessions

  • Augustin conclut ce passage par une réflexion sur le langage et son caractère approximatif. Parler du passé et de l’avenir comme s’ils existaient est un « abus de langage », mais de tels abus sont inévitables dans la langue courante, et il faut composer avec eux (XX).
  • On pourrait ajouter que l’une des tâches de la philosophie est justement de clarifier ce que l’on veut dire lorsque l’on emploie tel ou tel mot. Et cela nécessite souvent plusieurs pages, comme nous le démontre ce texte d’Augustin pour les mots « temps », « présent », « passé » et « futur ».

En écho : des liens peuvent être tissés avec Cicéron, De la divination, et Plotin, Sur le Beau.

Poursuivons la discussion !

Cet atelier sur le livre XI des Confessions d’Augustin d’Hippone aura été l’occasion de proposer une première approche du texte. Je serais ravi d’en discuter plus amplement avec vous, via les commentaires, ou lors d’une séance spécifique, particulière ou collective.

Lors du prochain prochain atelier, prévu pour mardi 3 novembre à 21h, nous examinerons la preuve de l’existence de Dieu dans le Proslogion d’Anselme de Cantorbéry. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire, ou me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

Et pour être informé/e des futurs événements, vous pouvez vous inscrire à la newsletter ou me suivre sur Mastodon.

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